Michèle Finck

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Michèle Finck actrice dans le film La momie à mi-mots 

 

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une photographie de Michèle Finck par Laury Granier : La Reine du Jour. La Reine de la Nuit.   

 

LIVRE D'OR

 

Copyright © 2000 Lorimage. Tous droits réservés.
Révision : 14 juillet 2018

 

 

             

une photographie de Michèle Finck par Laury Granier : La Reine du Jour. La Reine de la Nuit  

 

Ce site est consacré à Michèle Finck, poète, essayiste, actuellement professeur de littérature comparée à l'Université de Strasbourg. 

Ses champs de recherche (critique et création) sont orientés vers l'exploration des rapports entre les littératures de plusieurs pays (en particulier, la poésie, du romantisme à l'époque contemporaine, domaine de prédilection) et les arts (musique, peinture, danse, cinéma). 

Le site présente (en français et en anglais) ses différents travaux: études critiques, poèmes (livres bibliophiliques, cd audio et cd-rom), scénarii pour le cinéma.

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Michèle Finck est née en Alsace, à Mulhouse, en 1960. Du côté du père, une famille paysanne placée sous le signe de l’enracinement dans le sol alsacien du Sundgau, à Hagenbach. Du côté de la mère, davantage de mouvement dans toute l’Europe, sous le signe d’un arrière-grand-père hollandais, fabricant de miroirs sur une péniche itinérante au fil du Rhin, entre la Hollande, l’Allemagne et la France. Du côté du père ( lui-même universitaire, mélomane et poète) comme du côté de la mère (fille d’un libraire strasbourgeois), le livre occupe une grande place dans son enfance, comme la librairie du grand-père maternel est au cœur de Strasbourg, près de la Cathédrale.

            Dès l’adolescence, elle partage sa vie entre la littérature et la musique (piano) et bientôt entre la France et l’Allemagne (où elle rencontre, à Cologne, en 1975, le jeune violoniste Alexandre Jarczyk).

            En 1981, reçue à l’Ecole Normale Supérieure (Ulm / Sèvres), elle quitte Strasbourg pour Paris, tout en continuant à travailler le piano à Cologne et  à Paris avec Jeannine Vieuxtemps. Mais Paris est surtout pour elle l’occasion de rencontres primordiales sous le signe de la poésie. Parmi les rencontres décisives, il y a celle du poème « À la voix de Kathleen Ferrier » d’Yves Bonnefoy et bientôt, en 1983, celle d’Yves Bonnefoy lui-même, à qui elle choisit de consacrer sa maîtrise puis sa thèse en Sorbonne (qui sera publiée sous le titre Yves Bonnefoy, le simple et le sens, José Corti, 1989). Les nombreux échanges personnels avec Yves Bonnefoy mais aussi le séminaire d’Yves Bonnefoy le lundi après-midi au Collège de France (où elle rencontre des poètes et des chercheurs de tous pays) sont le creuset d’une intensification de la nécessité vitale de la poésie, dans laquelle elle s’engage désormais totalement.

            Si l’enfance et l’adolescence avaient pour soubassement la musique, la rencontre du cinéaste et peintre Laury Granier, en 1986, coïncide avec une profonde ouverture sur les arts visuels. Avec lui, elle fonde en 1988 l’association culturelle Udnie qui réunit des poètes et des artistes de toutes disciplines (peinture, cinéma, architecture, musique, danse).  Si elle écrit des poèmes depuis l’enfance, elle retarde le moment de les publier en livre, préférant longtemps les confier à des revues (en particulier à Polyphonie, sa revue de naissance, et au Nouveau Recueil) ou à la vidéo de Laury Granier (qui réalise plusieurs vidéopoèmes). Elle co-écrit le scénario du film de Laury Granier, La Momie à mi-mots, (moyen métrage, 1996). Pour ce film, elle est aussi assistante au tournage, au montage et à la réalisation et s’improvise actrice (aux côtés de Carolyn Carlson, premier rôle, Jean Rouch, Philippe Léotard). Ce film est qualifié par Jean-Paul Rappeneau de « cinéma de poésie» au sens que Pasolini donne à ce terme, L’avant-première de ce film a lieu à la Cinémathèque française (en janvier 1996). Après avoir tourné dans de nombreux festivals internationaux, le film est sorti en salle à Paris, au Cinéma « Le Denfert », en 1999-2000.

 Le rapport privilégié de Michèle Finck avec les arts la conduit à souhaiter que ses premiers livres de poésie publiés soient des ouvrages bibliophiliques avec des artistes : En 2002, elle publie Midrash de la mer, avec des photos et des peintures de Laury Aime et une préface de Claude Vigée (éditions Udnie-Lorimage). Ce livre est lui-même issu d’un spectacle multimédia mis en scène antérieurement par Laury Granier au Théâtre de l’Ombre qui Roule, à Paris, en 1987, Autour du vidéopoème : La porte, dans lequel les proses de Laury Granier et les poèmes de Michèle Finck étaient lus   par Michael Lonsdale et Anne-Laure Meury. Suit en 2003 le livre bibliophilique le plus important, Le Piano à quatre mains (édition Udnie-Lorimage). Préfacé par Jean Rouch , ce livre, avec des peintures de Laury Aime, est traduit en anglais, en allemand et en italien et accompagné d‘un CD audio et d’un CDROM.

 Alors que l’enfance et l’adolescence étaient placées sous le double signe de la France et de l’Allemagne, cette période de la vie coïncide avec de nombreux voyages et séjours en Italie qui déplacent la bipolarité géographique France – Allemagne vers une nouvelle bipolarité France – Italie dont les livres de poèmes Midrash de la mer et Le Piano à quatre mains sont les réceptacles. Tous ces premiers travaux, de la revue Udnie au film La Momie à mi-mots jusqu’aux livres bibliophiliques Midrash de la mer et Le Piano à quatre mains, révèlent le désir d’une circulation d’énergie entre la poésie et les arts, qui sous-tend aussi le travail à venir.

            La création poétique de Michèle Finck ne se dissocie pas non plus, dès 1987, d’une expérience de l’enseignement à l’Université de Strasbourg, où elle est actuellement professeur de littérature comparée (littérature européenne). Comme son domaine de création, son domaine de recherche privilégié est le dialogue de la poésie moderne et contemporaine (française, allemande, italienne, espagnole, russe) avec les arts (musique, peinture, danse, cinéma). Parallèlement à l’écriture poétique, elle traduit des poètes allemands (Trakl, Rilke) et écrits des essais consacrés aux rapports de la poésie avec la danse (Poésie moderne et danse, Corps provisoire, Armand Colin, 1992), avec la musique (Poésie moderne et musique, vorrei et non vorrei, Champion, 2004 ; Épiphanies musicales en poésie moderne, de Rilke à Bonnefoy : le musicien panseur, Champion, 2014) et avec les arts visuels (Giacometti et les poètes, « si tu veux voir, écoute », Hermann, 2012). Elle a aussi dirigé  plusieurs livres collectifs consacrés à la poésie d’Yves Bonnefoy, de Claude Vigée et de Philippe Jaccottet (qui sont ses trois repères primordiaux en poésie française)  mais aussi à la correspondance des arts et aux liens entre écriture et silence. Depuis 2013, Michèle Finck figure, pour sa création poétique et pour ses essais,  dans le Who’s Who in the world. Il est essentiel pour elle non seulement de se consacrer à son propre travail poétique mais aussi de participer à une réflexion profonde sur la légitimité et la fonction de la poésie moderne et contemporaine.

            De ce terreau fécond, dans lequel sont mêlés la poésie et les arts, mais aussi l’expérience de la poésie et celle de l’enseignement et de la recherche, sont nés les quatre principaux livres de poèmes publiés jusqu’à présent.

            Le premier livre, L’Ouïe éblouie, est paru aux éditions Voix d’encre avec des gouaches de Coline Bruges-Renard, en 2007. Ce livre est en fait plutôt une forme d’anthologie qui réunit plus de 20 ans de poésie, entre 1983 et 2003 environ. Sa composition, qui s’ouvre sur le poème liminaire « Conte de l’ouïe éblouie » à vocation d’art poétique, s’articule en sept sections qui suivent un ordre chronologique : « À un son mort », « Le violon dans la pierre », « Cassiopée », « Migratrice », « Saignée de douceur », « Tempo rubato », « Paix dans les plaies ». Placé sous le signe d’une exergue empruntée aux Sonnets à Orphée I,1 et I,3 de Rilke, ce livre, comme le suggèrent le titre L’Ouïe éblouie et le titre de plusieurs sections, est bâti sur une quête conjointe, difficile, de l’amour et de la musique. L’alliance avec la musique aide  la poésie à  trouver cet accès à une dimension « anonyme » et universelle de la voix.  Jean-Yves Masson, dans un article paru dans le Magazine Littéraire en novembre 2007 et intitulé « Musique charnelle », condense très bien l’enjeu de ce premier livre : « Voici le langage à l’état naissant. Voici l’extase antérieure aux significations mortes qui encombrent notre cerveau (…) Poésie et musique ici célèbrent de nouveau leurs noces mystiques, splendides et troublantes. Jusqu’à l’éblouissement. Jusqu’à l’illumination. Jusqu’à l’enchantement ».

            Le deuxième livre, Balbuciendo, est paru aux éditions Arfuyen en 2012. Ce livre est profondément marqué par une double épreuve : celle de la séparation en 2004 avec celui qui a été le compagnon de vie de Michèle Finck entre 1986 et 2004 ; et celle de la mort du père en 2008. Les années d’écriture à partir de la rédaction de Balbuciendo sont des années de repli sur soi et de travail poétique plus monacal, durant lesquelles elle médite au quotidien l’interrogation rilkéenne, fondamentale pour elle, des Lettres à un jeune poète : « Mourriez-vous, s’il vous était défendu d’écrire ? » Le livre est architecturé en trois sections qui, placées sous le signe d’exergues empruntées à Celan et à Akhmatova, gravitent toutes autour de la perte et de l’adieu. C’est l’expérience de la perte qui donne à ce livre son âpreté : perte de l’amant dans la première section, intitulée « Sur la lame de l’adieu » ; perte du père dans la deuxième section intitulée « Triptyque pour le père mort », où le père offre à l’enfant en héritage un « piano de paille » qui est le centre incandescent du livre ; et enfin tentative de conversion de l’épreuve de la perte en « scansion du noir », c’est à dire en poésie, dans la troisième section intitulée justement « Scansion du noir ». Balbuciendo est ce qu’on pourrait appeler l’œuvre au noir de Michèle Finck, sous-tendue par le projet alchimique d’une transmutation de la perte en énergie d’écriture. Elle apprend dans la douleur à devenir « chant et destin » (selon les mots de l’exergue empruntée à Akhmatova).  Dans son article consacré à Balbuciendo et publié dans la revue Peut-être en 2013, Claude Vigée trouve les mots pour évoquer ce livre : « Je suis en train de déchiffrer maintenant à la loupe Scansion du noir, où revient, dans cette œuvre majestueusement orchestrée dans sa détresse – grâce à elle sans doute – le leitmotiv du poème vécu comme seul vrai compagnon de route, certes dérisoire, dans le chemin vers le soir, sans apporter le salut, mais tout de même fidèle à sa mission,  Balbuciendo (…) Michèle Finck trouve un terme formidable pour l’éclairer : ‘ Soit le poème / Scanner de l’obscur / arraché à l’ouïe ‘ ». Dans sa recension de Balbuciendo pour la revue Europe en 2013, Jérôme Thélot donne aussi l’une des clés de ce « livre de déploration et de fureur resserrées sur le plus vif de leur souffrance » en le qualifiant de « livre orphique ». Au micro de plusieurs émissions de France Culture,  de Sophie Nauleau (« ça rime à quoi ») à Alain Veinstein (« du jour au lendemain »), Michèle Finck s’est essayée à parler de l’épreuve initiatique qu’a été Balbuciendo et insiste toujours sur le fait que la poésie est pour elle une condition de vie .

            Le rôle crucial de la musique, dès l’enfance et l’adolescence, trouve son accomplissement dans le troisième livre de poèmes, La Troisième main, (Arfuyen, 2015) récompensé en 2015 par le Prix Louise Labé. Ce livre, composé de cent poèmes d’extase musicale, a été écrit dans le noir et la pénombre, après une opération de la cataracte. Placé sous le signe d’une exergue empruntée au poème « La musique » d’Akhmatova, qui confirme l’importance depuis L’Ouïe éblouie de la poésie russe féminine (Akhmatova, Tsvétaïéva), ce livre est composé de sept sections, dont les titres contribuent à éclairer peu à peu le mystère de la musique : « Vers l’au-delà du son », « Musique : opus neige et feu », « Pianordalie », « Violoncelle psychopompe », « Musique devance l’adieu », « Golgotha d’une femme », « Musique heurte néant ». En tête de chaque poème, apparaissent le nom du compositeur, le titre de l’œuvre et le nom des interprètes. Il y va de poèmes qui s’écoutent comme des transcriptions ou des transpositions d’œuvres musicales, grâce auxquelles le lecteur – auditeur chemine de Bach à Bartok, de Liszt à Ligeti en passant par Gerschwin et Billie Holiday. Comme l’écrit François Lallier dans Europe  en mai 2015, il y va d’une découverte de la « force mystérieuse de guérison, de réparation » de la musique, « la matière sonore se faisant, dans la nuit, illumination » et chaque poème étant « audition illuminatrice ». Dans Poezibao (novembre 2015), Patrick Née écrit un article sur ce livre intitulé Ut musica poesis : « Sans doute depuis Pierre Jean Jouve n’a-t-on pas pu lire en français un Ut musica poesis aussi profond que celui qu’offre – avec une telle intensité émotionnelle servie par de tels dons d’expression- Michèle Finck dans sa Troisième Main ».

            Le quatrième livre de poèmes, Connaissance par les larmes (Arfuyen, 2017), est né d’une perte brutale des larmes qui a été à l’origine d’une longue méditation sur ce que sont les larmes : interrogation des larmes par la poésie et de la poésie par les larmes. Le livre est composé en sept sections : « Court-circuit », ou la perte des larmes ; « Les larmes du large », ou l’apprentissage des larmes par la mer ; « Musique des larmes », ou l’exploration des larmes par la musique ; « Musée des larmes », ou l’exploration des larmes par la peinture ; « Cinémathèque des larmes », ou l’exploration des larmes par le cinéma ; « Etrécrire », ou les larmes des mots; « Celle qui neige », ou la transmutation des larmes en neige. Ce livre a obtenu le Prix Max Jacob 2018.

 

 

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